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Que faire dans le Sud de la France : guide Côte d'Azur

Que faire dans le Sud de la France : de Cannes à Menton

La Côte d'Azur concentre énormément de choses sur une bande de littoral très courte. Le matin, vous êtes sur une plage de sable à Cannes ; à midi, vous dégustez une galette de pois chiche sur un marché niçois ; et le soir, vous regardez le soleil se coucher derrière un village médiéval perché. Tout ou presque se rejoint en train ou en bus, vous n'avez donc pas vraiment besoin de voiture.

Voici comment occuper votre temps le long de la côte, d'ouest en est, avec les détours dans l'arrière-pays qui valent le déplacement. Suit une section sur ce qu'il faut vraiment commander à table, et une autre sur les plages qui méritent leur réputation.

Un mot sur les déplacements : le train TER côtier est la colonne vertébrale de toute la région. Une seule ligne relie Cannes, Antibes, Nice, Villefranche, Beaulieu, Monaco, Menton, jusqu'à la frontière italienne à Vintimille. En saison, les trains passent environ toutes les vingt à trente minutes, et la plupart des trajets entre villes voisines prennent moins de quinze minutes. Pour les villages perchés à l'écart de la voie ferrée, vous passez au bus régional.

Plutôt que de retenir des numéros de ligne, qui changent de temps en temps, préparez chaque trajet sur les sites des réseaux. Les bus et tramways autour de Nice et du littoral relèvent de Lignes d'Azur (lignesdazur.com). Le réseau régional de bus et de trains TER, c'est Zou! (zou.maregionsud.fr), qui propose aussi le pass Sud Azur Explore pour voyager en illimité sur plusieurs jours. Google Maps et Moovit affichent les horaires en temps réel sur l'ensemble.


Cannes

Cannes est plus tranquille que sa réputation de tapis rouge ne le laisse croire. Le Palais des Festivals accueille le festival du film, et vous pouvez monter sur les fameuses marches et photographier les empreintes de stars scellées dans le sol de l'Allée des Étoiles, tout autour. De là, quelques pas le long de La Croisette, le front de mer bordé de palmiers, mènent à la vieille ville du Suquet, sur la colline : ruelles pentues, calmes, et une vue sur la baie qui récompense la montée.

Cannes a aussi de vraies plages de sable, une rareté sur cette côte. Certaines portions de la Croisette sont publiques et gratuites : vous pouvez vous baigner sans réserver de transat.

La vraie évasion se trouve au large. Prenez un bateau pour les îles de Lérins depuis le quai Laubeuf, au port. La traversée jusqu'à l'île Sainte-Marguerite dure une quinzaine de minutes, et l'île est sans voiture, couverte de pins et d'eucalyptus, et cernée de criques. Montez jusqu'au Fort Royal, où fut détenu le légendaire Masque de fer, et cherchez le musée de sculptures sous-marines juste au large si vous avez masque et tuba. La plus petite, Saint-Honorat, abrite un monastère en activité dont les moines produisent un vin et une liqueur que vous pouvez acheter sur place.

Comment y aller : Cannes est sur la ligne TER côtière, à environ trente minutes de Nice. Les navettes pour Lérins partent du port ; réservez à l'avance en été.


Grasse

À vingt minutes au-dessus de la côte, Grasse est la capitale mondiale du parfum, et son odeur imprègne la ville. Les trois maisons historiques, Fragonard, Galimard et Molinard, proposent toutes des visites gratuites de leurs ateliers, et chacune offre un cours payant où vous composez et mettez en flacon votre propre parfum à emporter. Pour l'histoire complète, le Musée International de la Parfumerie retrace trois siècles de savoir-faire, avec un jardin sur le toit.

Au-delà du parfum, la vieille ville est un enchevêtrement de ruelles pentues et voûtées accrochées au versant, avec le marché de la Place aux Aires presque tous les matins et de longues vues vers la mer.

Comment y aller : le TER rejoint Grasse depuis Cannes en une trentaine de minutes, mais la gare se trouve en contrebas de la ville et il vous faudra une montée à pied ou une navette. Le bus vous dépose en plein centre : souvent le choix le plus simple depuis Cannes ou Nice. Vérifiez les lignes sur Zou.


Valbonne

Pour un village quasiment sans touristes, Valbonne est une curiosité. Bâti sur un plan en damier au XVIᵉ siècle, ce qui est inhabituel dans la région, il s'organise autour de la Place des Arcades, une belle place à arcades bordée de cafés. Le marché provençal du vendredi est le bon jour pour venir, et l'ancienne abbaye mérite un coup d'œil. Le village jouxte le parc technologique de Sophia Antipolis : vous y verrez un autre visage, plus actif, de la Côte d'Azur.

Comment y aller : Valbonne est l'étape la plus difficile sans voiture. Le plus simple reste un bus depuis Antibes sur le réseau Envibus, vingt à trente minutes environ, ou une correspondance depuis Grasse. En voiture, c'est vraiment le plus facile.


Antibes

Antibes est l'une des villes les plus attachantes de la côte. La vieille ville fortifiée s'ouvre sur le Marché Provençal quotidien, une halle couverte croulant sous les fromages, les olives, les légumes et la socca, et les ruelles à l'arrière se prêtent à la flânerie.

Sur les remparts, dans un château en bord de mer aux pierres dorées, le musée Picasso occupe le Château Grimaldi, où Picasso a réellement travaillé en 1946. Il abrite des œuvres réalisées sur place, et la terrasse face à la mer vaut à elle seule la visite.

Faites le tour jusqu'au Port Vauban, l'une des plus grandes marinas d'Europe, où les superyachts s'alignent proue contre proue. C'est l'endroit idéal pour un verre au coucher du soleil au bord des bateaux, à regarder la lumière virer à l'or sur les mâts. Avec un peu plus de temps, le sentier du littoral autour du Cap d'Antibes, le Sentier de Tire-Poil, offre une belle marche le long des rochers.

Comment y aller : Antibes est sur la ligne TER côtière, à environ quinze minutes de Nice et dix de Cannes.


Saint-Paul-de-Vence

Village de pierre perché dans les collines de l'arrière-pays, Saint-Paul-de-Vence est un repaire d'artistes depuis un siècle. Les ruelles à l'intérieur des remparts regorgent de galeries et d'ateliers, et la promenade le long des murs offre de larges vues sur les vallées. Juste à l'extérieur, la Fondation Maeght abrite l'une des plus belles collections d'art moderne de France, avec des œuvres de Miró, Giacometti et Chagall disséminées dans les jardins. Chagall lui-même est enterré dans le cimetière du village.

Comment y aller : pas de train. Prenez le bus depuis Nice, qui passe par Cagnes-sur-Mer, ou le train côtier jusqu'à Cagnes-sur-Mer puis le bus sur place. Vérifiez la ligne sur Lignes d'Azur, et prévoyez du temps : les bus vers les villages perchés sont peu fréquents.


Nice

Nice est la capitale de la Riviera, et un endroit où vous pourriez facilement passer plusieurs jours. Commencez par le Vieux Nice, où le Cours Saleya accueille un marché aux fleurs et aux produits frais tous les matins sauf le lundi, jour où les antiquaires prennent le relais. C'est aussi le pays de la socca : grignotez en chemin.

Pour la vue carte postale, montez sur la colline du Château, au-dessus de la vieille ville. Il ne reste pas de château, mais des jardins, une cascade artificielle et un belvédère qui plonge droit sur la courbe de la baie. Si les marches vous rebutent, un ascenseur gratuit monte depuis le port.

Terminez la journée sur la Promenade des Anglais, le grand front de mer, et regardez le soleil se coucher sur l'eau depuis l'une des chaises bleues. À noter : les plages de Nice sont de galets, pas de sable ; prévoyez des chaussures d'eau si vous comptez vous baigner. Avec plus de temps, les musées Matisse et Chagall, dans le quartier de Cimiez, valent tous deux le détour.

Comment y aller : Nice est le cœur de la ligne TER côtière et dispose de son propre aéroport, relié au centre par le tramway.


Villefranche-sur-Mer

À quelques minutes à l'est de Nice, Villefranche épouse l'une des rades les plus profondes de la côte. La vieille ville dégringole vers l'eau dans des tons ocre et rose, et la Rue Obscure est une véritable rue couverte médiévale qui court sous les maisons. Au bord du port, la petite Chapelle Saint-Pierre a été décorée à l'intérieur par Jean Cocteau, un beau fil à suivre si vous pistez son œuvre le long de la côte. La rade, calme et abritée, en fait l'un des meilleurs endroits pour se baigner près de Nice.

Comment y aller : le train côtier depuis Nice prend environ six minutes et vous dépose à deux pas du port.


Saint-Jean-Cap-Ferrat et la promenade vers Beaulieu-sur-Mer

Le Cap-Ferrat est la presqu'île verdoyante et cossue entre Villefranche et Beaulieu, et il récompense les marcheurs. Le clou, c'est la Villa Ephrussi de Rothschild, un palais rose entouré de neuf jardins thématiques, avec fontaines et vues sur la mer des deux côtés.

Mais la plus belle chose à faire ici est gratuite. La Promenade Maurice Rouvier est un chemin plat et pavé, en bord de mer, qui relie Saint-Jean-Cap-Ferrat à Beaulieu-sur-Mer en longeant l'eau, entre jardins et villas. Accessible à tous, et discrètement spectaculaire. Pour quelque chose de plus sauvage, le sentier du littoral fait le tour de la pointe du cap le long des rochers. À Beaulieu, la Villa Kérylos est une reconstitution fidèle d'une maison grecque antique posée sur la mer.

Comment y aller : prenez le train côtier jusqu'à Beaulieu-sur-Mer, puis marchez par la promenade jusqu'à Saint-Jean, ou prenez le bus local pour rejoindre le cœur du cap. Les horaires sont sur Lignes d'Azur.


Èze

Èze est le village perché que tout le monde imagine en pensant à la Riviera : un dédale de ruelles de pierre qui s'enroulent autour d'un rocher, haut au-dessus de la mer. Tout en haut, le Jardin Exotique est planté de cactus et de plantes grasses autour des ruines d'un château, et la vue, par temps clair, court sur toute la côte.

Si vous en avez le courage, descendez le Chemin de Nietzsche, le sentier escarpé qu'empruntait le philosophe, qui mène du village au bord de mer d'Èze-sur-Mer en trois quarts d'heure environ.

Comment y aller : pour le village perché, prenez le bus depuis Nice et descendez à l'arrêt « Èze village » (les lignes sont sur Lignes d'Azur et Zou). Attention à ne pas le confondre avec Èze-sur-Mer, l'arrêt de train au niveau de la mer, qui vous laisse une longue montée ou un bus de correspondance pour rejoindre le village.


Menton

Dernière ville française avant l'Italie, Menton est chaude, dorée et pleine de citrons. La lumière et l'architecture d'influence italienne en font l'une des plus jolies vieilles villes de la côte, qui grimpe jusqu'à une église baroque et un cimetière dont la vue mérite la marche.

Un point sur le musée Jean Cocteau : le grand musée moderne du front de mer est fermé depuis qu'une tempête l'a inondé en 2018, et il le reste tant qu'un litige juridique n'est pas tranché. Son œuvre n'a pas disparu pour autant. Visitez le Bastion, le petit fort du XVIIᵉ siècle au bord du port que Cocteau a lui-même décoré et qui présente toujours son travail, et entrez dans la Salle des Mariages de l'hôtel de ville pour voir les fresques qu'il y a peintes.

Menton est aussi une ville de jardins, grâce à son microclimat doux. Le jardin botanique du Val Rahmeh est le plus tropical, rempli de plantes exotiques et subtropicales, et la Serre de la Madone est un jardin romantique en terrasses, créé par un horticulteur anglais. Et impossible de repartir sans une tarte au citron, faite avec les citrons de Menton, protégés par une IGP. Si vous pouvez caler votre visite en février, la Fête du Citron remplit la ville de sculptures entièrement faites d'agrumes.

Comment y aller : Menton est le dernier grand arrêt côté français de la ligne TER côtière, à environ trente-cinq minutes de Nice.


🍋 Quoi manger le long de la côte

La cuisine d'ici est à elle seule une raison de venir. Elle repose sur le pois chiche, l'huile d'olive, l'anchois, les légumes gorgés de soleil et, à l'approche de l'Italie, les pâtes et les fruits de mer. Voici ce qu'il faut commander.

Socca. La street food niçoise par excellence : une fine galette de farine de pois chiche et d'huile d'olive, cuite dans un four à bois brûlant jusqu'à ce que les bords cloquent, puis raclée et servie bien chaude avec un généreux tour de poivre noir. À déguster debout au Cours Saleya, à Nice, ou à l'un des vieux comptoirs à socca de la vieille ville.

Panisses. Le pois chiche encore, cette fois pris en pâte ferme, coupé en bâtonnets et frit jusqu'à être doré dehors et fondant dedans. L'amuse-gueule parfait à l'apéritif.

Pissaladière. Une tarte niçoise d'oignons fondus longuement, garnie d'anchois et d'olives noires, à manger tiède ou froide.

Pan bagnat. Une salade niçoise glissée dans un pain rond et pressée pour que l'huile d'olive imbibe la mie : thon ou anchois, œuf, tomate, olives. Le déjeuner de plage idéal.

Salade niçoise. La vraie se passe de pommes de terre cuites et de haricots verts. Comptez des tomates, de l'œuf, des légumes crus, des olives, et de l'anchois ou du thon, le tout assaisonné simplement à l'huile d'olive.

Beignets de fleurs de courgette. Des fleurs de courgette dans une pâte légère, frites. Un petit plaisir d'été, quand les fleurs sont de saison.

Moules-frites. Des moules à la marinière, vin blanc, échalotes et herbes, avec une montagne de frites. Une valeur sûre et généreuse dans presque toutes les brasseries du bord de mer.

Spaghetti alle vongole. À l'approche de Menton et de la frontière italienne, la cuisine devient ligure. Les spaghettis aux palourdes, relevés d'ail, de vin blanc et de persil, sont le plat à choisir ici, idéalement face à la mer.

Tarte au citron de Menton. Vive, parfumée, faite avec les citrons de Menton protégés par une IGP. La référence en matière de tarte au citron, à savourer dans la ville qui les cultive.

Quelques autres à dénicher : le barbajuan, ces chaussons frits de blette et de fromage que vous trouverez autour de Menton et de Monaco ; la tourte de blettes, une surprenante tarte sucrée à la blette, de Nice ; les farcis niçois, légumes farcis et cuits au four ; et la daube, un bœuf mijoté à la provençale souvent accompagné de petits raviolis. Côté boisson, un rosé de Provence bien frais s'impose, avec le pastis en apéritif classique.


🏖️ Les plages à ne pas manquer

Une précision d'emblée : toutes les plages de la Riviera ne sont pas de sable. Nice et une grande partie du centre de la côte sont de galets, tandis que Cannes, Antibes et Menton offrent des portions de vrai sable. Voici celles autour desquelles organiser votre journée.

Plage de la Mala, Cap d'Ail. Une crique turquoise nichée au pied des falaises, accessible par un escalier et un sentier du littoral depuis la gare de Cap d'Ail. Elle paraît cachée alors qu'elle est facile d'accès, avec deux ou trois clubs de plage et une eau très claire.

Plage de Paloma, Saint-Jean-Cap-Ferrat. Abritée, chic et idéale pour la baignade, sur le versant tranquille du cap. Accessible à pied par le sentier du littoral.

Plage de Passable, Saint-Jean-Cap-Ferrat. Eau calme et peu profonde, et vue au premier rang sur Villefranche. Un bon choix en famille.

Plage des Marinières, Villefranche-sur-Mer. Une courbe de sable juste à côté de la gare, sur une rade si abritée que l'eau reste douce. L'une des bonnes plages les plus pratiques près de Nice.

Plage de la Gravette, Antibes. Une petite crique de sable à l'intérieur des remparts de la vieille ville, abritée et centrale.

Plage de la Garoupe, Cap d'Antibes. Une eau réputée pour sa clarté sur le cap, avec du sable public et des clubs de plage.

Juan-les-Pins. Juste à côté d'Antibes, une longue plage de sable à l'ambiance animée et estivale.

Les criques de l'île Sainte-Marguerite. Au large de Cannes, les petites plages sauvages du tour de l'île récompensent la courte traversée. Emportez tout ce dont vous avez besoin : il y a peu de commerces.

Plage des Sablettes, Menton. Une plage de sable familiale juste sous la vieille ville, avec l'Italie en ligne de mire au bout de la côte.